Qu’ils soient sportifs, artistes, responsables associatifs, étudiant ou parent solo, on aime à vous partager les parcours et les bonnes adresses d’habitants du 20e arrondissement. En cette rentrée, place à Pierre Koestel, 36 ans, écrivain de théâtre, interprète et metteur en scène, dont deux pièces seront sur scène cette saison à Théâtre Ouvert.
1/ Qui êtes-vous ?
“Je m’appelle Pierre Koestel, j’ai 36 ans. J’ai grandi dans la Drôme, près de Valence. J’ai découvert le théâtre au lycée et cela a constitué une petite révolution pour moi. Après mon bac j’ai choisi d’en faire mon métier. Je me suis formé au jeu en conservatoire d’arrondissement à Paris et en parallèle, je suivais des études de Lettres Modernes. Par la suite, j’ai souhaité me concentrer sur l’écriture et j’ai intégré le master de Création littéraire de Paris 8 avant d’entrer à l’ENSATT dans le département Écrivain·e dramaturge. J’ai terminé ma formation là-bas en 2018 et depuis, je travaille avec différentes compagnies, principalement comme dramaturge, tout en revenant petit à petit au jeu.”
2/ Pourquoi faut-il venir voir L’Art de la chute, la pièce que vous mettez en scène en septembre à Théâtre Ouvert ?
“Pour la puissance et la richesse des écritures. Parce qu’on a peu l’habitude de voir des auteurices monter sur scène et encore moins en collectif. Parce que chacun·e livre un pan de son histoire avec une grande générosité. Parce qu’on aborde des sujets essentiels, qui parlent nos identités, de nos sentiments de différence, de notre manière de chercher notre place, de notre besoin de se lier les un·e·s aux autres. Avant d’être un spectacle, L’Art de la chute est une rencontre entre artistes et spectateurices. Il n’y a pas de grands effets, juste sept personnes qui viennent se livrer au micro, partager une part de leur vie – qui s’enrobe parfois d’une couche de fiction – pour qu’elle vienne résonner avec celleux qui sont prêt·e·s à les écouter.”
3/ La deuxième pièce que vous avez écrite, L’Effondrement des glaciers, sera, elle, jouée en avril. De quoi parle-t-elle ?
“Il s’agit d’une fiction documentée qui revient sur la relation qui a uni Marguerite Duras et Yann Lemée (qu’on connait plutôt sous le pseudonyme Yann Andréa). Il a été le dernier compagnon de l’écrivaine et j’aborde cette histoire de son point de vue. J’ai voulu écrire cette pièce pour revenir sur son parcours, en dressant un portrait très subjectif, parce qu’il a été un “homme de l’ombre” et a beaucoup contribué au développement de l’œuvre de Duras. Je voulais aussi interroger cette relation, qu’on a beaucoup présentée comme une grande histoire d’amour de la littérature française, alors qu’à mes yeux elle relève davantage de mécanismes liés à l’emprise. Et au-delà de cette histoire, c’est notre imaginaire de la passion amoureuse que j’interroge, parce qu’on la considère encore trop souvent comme la forme la plus intense de l’amour, alors qu’elle relève d’un régime de violence particulièrement destructeur. Et j’essaie donc, à travers cette pièce, d’en appeler au renouvellement de nos imaginaires amoureux.”
4/ Depuis quand habitez-vous le 20e arrondissement de Paris ?
“J’ai emménagé pour la toute première fois dans le 20e par hasard, en 2009, du côté de Porte de Bagnolet. J’ai ensuite vécu quelques années à Lyon avant de revenir m’installer dans cet arrondissement en 2020, cette fois du côté de Pelleport. J’aime beaucoup la dynamique de ce quartier, qui ressemble à mes yeux à une petite ville dans Paris.”
5/ Votre travail s’inspire-t-il de cette vie de quartier ?
“Peut-être pas directement, mais il y a quand même un lien qui se crée dans ma dynamique d’écriture. Je travaille beaucoup depuis chez moi et quand j’ai besoin de m’aérer, tout en continuant à travailler, je vais m’installer dans des cafés. Je commence à avoir mes endroits de prédilections. Dans ces lieux, qui peuvent être assez bruyants, je n’écris pas forcément car j’ai besoin de calme pour le faire, mais je me documente, je fais des recherches, je rêve aux textes que j’ai envie d’écrire. Ensuite, je reviens chez moi, dans ma bulle, pour écrire. Le quartier m’aide donc à trouver ma dynamique de travail au quotidien et j’arrive à trouver l’équilibre entre un besoin de solitude pour écrire et la volonté d’échapper à une forme d’isolement qui me couperait du monde.”
6/ Avez-vous des adresses à nous recommander dans le 20e arrondissement de Paris ?
“Parmi les cafés où j’aime aller travailler, il y a Pilo’s près de la place Gambetta, un petit lieu très chaleureux, qui propose différentes sortes de pâtisseries d’Argentine. Il faut goûter aux medialunas, qui ressemblent à des croissants sucrés. J’aime aussi aller aux Ours, en remontant la rue des Pyrénées, un chouette endroit pour se retrouver entre amis pour boire un verre. Comme je lis beaucoup, je vais aussi souvent à la librairie Le Comptoir des mots, située près de la place Gambetta. Elle propose de beaux rayons, tant du point de vue des textes de fictions, que des essais ou de la littérature jeunesse.”
L’art de la Chute. Du 14 au 29 septembre 2026. Durée 1h30. Déconseillé aux moins de 15 ans. « Au croisement du stand-up, de l’autofiction et de la performance théâtrale, ce spectacle rassemble sept auteurices qui viennent témoigner de la spécificité de leur vécu. »
L’effondrement des glaciers. Du 19 au 30 avril 2027. Durée 1h30. Déconseillé aux moins de 15 ans. « Été 1980. Yann Lemée, 28 ans, étudiant en philosophie et homosexuel, frappe à la porte de son idole, Marguerite Duras. Il ne la quittera plus. »
Théâtre ouvert. 159 avenue Gambetta, Paris 20e. Pièces jouées les Lundi, mardi, mercredi à 19h30, jeudi et vendredi 20h30, samedi à 18h. Plein tarif 20 €. Tarif réduit 14€. Tarif réduit pour les habitants du 20e. Bon plan du jeudi : 10€ pour tous les spectateur·rice·s.
* Partenariat
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