A l’occasion des journées Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes de Belleville, Mon Petit 20e part à la rencontre d’artistes de l’association. Aujourd’hui, découvrez Emmanuel Wolfstirn et son art de la récup’.

En longeant la partie basse du parc de Belleville, directement sur la rue, vous pourrez trouver un atelier d’artiste coloré. Emmanuel Wolfstirn y délaisse pinceaux et crayons au profit d’une perceuse et autres outils. Autour de lui, des sculptures et tableaux inattendus. Des bidons en plastique troués de toutes les tailles, formes et couleurs, assemblés ensemble. A bien regarder, on peut reconnaître une bouteille de ketchup ou un pot de mayonnaise. Sur ses tableaux, des rouleaux de peintures recouvrent la toile d’étiquettes alimentaires, tandis que sur d’autres toiles se déversent piles, bonbons, négatifs photos et autres. 

Ce sont ces “trois grands axes” comme ils les appellent. Tous sont liés par le même message : une dénonciation de la surconsommation. Des objets certes recyclables et recyclés mais qui n’enlèvent rien au fléau qu’est la consommation de masse de notre société. “C’est l’accumulation qui dénonce la surproduction et la surconsommation.” Un message assez engagé qu’Emmanuel transmet avec des compositions particulièrement colorées. Une inspiration très pop-art pour un artiste qui aurait aimé vivre cette époque. Il était hélas, à son grand regret, bien trop jeune, lors de l’âge d’or “pop-artien”. Tout cela, il le récupère grâce à ses amis, ses “collecteurs” comme il les appellent. Mais il passe aussi par des annonces. Rien ne se jette, tout se transforme. 

Avant de s’installer dans cet atelier, Emmanuel a eu un parcours très éclectique. Dessins animés, publicités, illustration de manuels scolaires, il a tout fait. Ne vivant pas de son art, il a aussi été professeur pendant 15 ans dans une école d’art. “Ce sont les plus belles années de ma vie”, se souvient le retraité. Transmettre son savoir et apprendre par ses élèves, l’enrichissement se faisait dans les deux sens. Farceur dans l’âme, il leur a un jour fait croire, avec la complicité de la direction, qu’il était tombé malade et que son frère jumeau se chargerait de le remplacer. Frère jumeau qui était évidemment joué par lui-même. 

Cet atelier en plein cœur du 20ème arrondissement était une évidence pour Emmanuel. Le lieu appartenant à sa famille, c’était une opportunité à ne pas manquer. L’artiste habitait auparavant, pas très loin, rue de Belleville, côté 19ème. 

>> Retrouvez les œuvres d’Emmanuel Wolfstirn lors des Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes de Belleville, du vendredi 20 au lundi 23 mai. Il vous accueillera dans son atelier, 18 rue Jouye Rouve, Paris 20e. 

 


 

Texte: Kim Dommergue

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