Suite à la mort du jeune Nahel, tué par un policier à Nanterre mardi 27 juin, des violences ont émaillé le 20e arrondissement la nuit dernière. Une partie de la jeunesse (et des moins jeunes) sort dans la rue pour clamer sa colère et son ras-le-bol des violences policières.

Vous êtes plusieurs à avoir témoigné de scènes d’émeutes à vos fenêtres : tirs de mortiers d’artifice, voitures et scooters brûlés, commerces incendiés… Des violences principalement constatées dans les quartiers les plus populaires de l’arrondissement : Amandiers, Belleville, Télégraphe, Pelleport, boulevard Davout… On a décidé de ne pas repartager les impressionnantes vidéos reçues, pour ne pas faire le jeu des casseurs en encourageant la surenchère et pour ne pas stigmatiser les auteurs de violences (car leur colère peut apparaître comme légitime).

À la place, on a fait le choix de donner la parole à Anne, habitante du quartier Couronnes, qui s’est sentie isolée et en danger : “C’est le 3ème soir, je t’avoue qu’on est en PLS dans nos lits, on se prend des mortiers dans les stores. Les gens ont vraiment peur. J’ai envoyé mon fils chez ses grands-parents et j’hésite à aller dormir ailleurs ce soir. Hier, ils ont fait brûler des barricades à tous les carrefours stratégiques Pali Kao/Couronnes/Pressoir, on s’est retrouvés enclavés, car les pompiers et les flics ne pouvaient pas entrer dans le périmètre. J’ai peur qu’un incendie dégénère, touche les habitations et que les pompiers ne puissent pas se frayer un chemin.

C’était vraiment hyper chaud et j’ai l’impression que les pouvoirs publics ne réalisent pas l’ampleur du danger. Les pompiers ne sont pas venus éteindre les barricades, elles se sont éteintes toutes seules. C’est un territoire dans la ville où il se passe des événements ultra dangereux. Ce pâté de maison, c’est uniquement des habitations, il y a des milliers de personnes qui vivent ici, que des familles. Beaucoup de logements sociaux.

Le standard du 17 et des pompiers étaient saturés, il nous est impossible de les joindre. Ce qui est fou, c’est que deux rues derrière, tu as des gens en terrasse, qui entendent les pétarades en buvant des coups et qui ne soupçonnent pas une seconde ce qui se passe.”

Photos : Le prénom de Nahel s’affiche sur la fenêtre d’un immeuble du 20e. Capture d’écran d’une vidéo prise hier soir, à l’angle de la rue des Couronnes et du boulevard de Belleville.

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