Aayem Zamen, ou “le bon vieux temps” en arabe. C’est le nom du café social de Belleville, ouvert en 2003 par Moncef Labidi, sociologue.

Son constat de départ est simple : les anciens travailleurs immigrés, appelés les “Chibanis” (ce qui signifie en arabe maghrébin “vieux”, “vieillard” ou “cheveux blancs”), ont du mal à faire respecter leurs droits, et ce alors qu’ils ont des besoins importants. Ni une, ni deux, le sociologue crée le café social de Belleville, premier d’une longue lignée à Paris. “Ici, les personnes isolées et dans le besoin trouvent un lieu convivial. On peut venir boire un café, jouer aux dominos ou trouver une aide pour les papiers. C’est un travail sur deux volets : social et administratif”, précise Maïa Lecoin, directrice de l’association.

Il faut dire que l’équipe de 12 salariés et 22 bénévoles, ne lésine pas pour apporter du bonheur dans le cœur des adhérents. Projection de films, atelier bien-être pour apprendre à créer ses crèmes, yoga, sortie dans Paris, jardinage, sortie au théâtre de la Colline,… tous les jours, le café social propose une activité à ses adhérents. “On proposait des petits déjeuners à 1€ tous les mardis et vendredis. Ainsi qu’un repas cuisiné par un adhérent une fois par mois. Mais avec la covid, on a toujours pas pu reprendre. Et ça nous manque !”.

Le mal-logement concerne un tiers des adhérents

Le programme d’activités, ainsi que l’aide apportée par les travailleurs sociaux, n’a pas de mal à trouver son public. Si la première année le café social accueillait  300 adhérents. Aujourd’hui, c’est 950. Et, malgré les deux mois de fermeture en 2020, c’est une hausse de 20% par rapport à 2019. “D’un côté c’est la reconnaissance de notre travail. Mais ça montre une vulnérabilité et un isolement croissant. Et la fracture numérique n’arrange rien”, explique, inquiète, Maïa.

Au café social, les adhérents viennent des 4 coins du globe. Maghreb, Afrique noire, Europe de l’est, Asie… “Au départ, la majorité du public était des hommes. Aujourd’hui, on a 20% de femmes. Et le public est de plus en plus vieillissant. Ça nous amène à revoir nos manières d’accompagner le public”. Pour participer aux activités (l’après-midi) et bénéficier d’un soutien administratif (le matin), il faut simplement être adhérent. Pour cela, deux conditions : habiter Paris intra muros et avoir plus de 60 ans. “C’est un lieu inclusif et ouvert à tous. On lutte contre l’isolement qui s’accentue avec la vieillesse. Mais notre porte est ouverte à tout ceux qui veulent boire un café”.

À la recherche de bénévoles

Notre association a un ancrage historique. On a des bénévoles présents depuis 10 ans. Malgré ce soutien, l’équipe recherche des bénévoles pour la rentrée. Envie de vous engager sur le long terme ? Une personne est recherchée pour gérer la salle ou aider aux démarches administratives. Pour une aide plus ponctuelle, l’association a parfois besoin de bricoleurs. “Et puis, il ne faut pas hésiter. Si quelqu’un a une activité à proposer, il est le bienvenue. Pour un seul atelier ou une pratique plus régulière. En échange, on peut prêter le local le week-end puisque l’association est fermée. C’est du donnant-donnant.

Pour l’instant, le café social se concentre sur l’organisation d’un voyage d’une semaine à Saint-Raphaël qui aura lieu en octobre. L’autre projet, ce sont les équipes sociales mobiles, créées en 2020. Ces travailleurs sociaux se déplacent directement aux domiciles des individus les plus en difficultés. L’objectif ? Aider 150 personnes en plus d’ici un an. Alors, si vous voulez aider Aayem Zamen, ou simplement faire une partie de dominos, c’est par ici : https://www.cafesocial.org.

Texte : Salomé. Photos : Salomé et Café social de Belleville. 

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