La Flèche d’Or se rendort… pour mieux se réveiller en 2027. Alors que plusieurs médias parisiens annoncent une fermeture définitive de la Flèche d’Or à l’été 2026 – Le Bonbon allant jusqu’à qualifier cela de “pire nouvelle de l’année 2026” (ce qui est assez gonflé quand on voit l’actualité par ailleurs, et qu’on se trouve seulement en janvier) – on tient à préciser la situation.
Installé dans l’ancienne gare de Charonne, au-dessus des rails de la Petite Ceinture, ce lieu culturel et solidaire, va bien fermer ses portes mais pas de façon définitive. Comme annoncé, la semaine dernière, dans un post Instagram, le projet actuel, porté par plusieurs collectifs, prendra fin le 27 juin 2026. Des travaux devront être menés “avant que les petites bêtes mangent les poutres”, indique le maire du 20e, Eric Pliez, sur un groupe Facebook du quartier. Pendant ce temps-là, un appel à projet va être lancé par la Ville de Paris, propriétaire de la salle, pour l’occupation permanente du lieu, qui doit rouvrir courant 2027.
Qu’est-il prévu pour ses 6 derniers mois ? L’activité se réduit mais se poursuit jusqu’à la fin. Vous pouvez donc continuer à vous y rendre pour des permanences psy, d’accès aux droits, pour des temps famille et jeunesse, et pour la cantine solidaire. Ouverte tous les vendredis et samedis de 12h à 14h, cette dernière offre un repas végétarien à prix libre selon ses moyens (4€/10 €/14€).
Pourquoi cette salle est mythique ? L’histoire de la Flèche d’Or (du nom d’un service train/bateau qui reliait Paris et Londres bien avant l’Eurostar) commence en 1995, lorsque des étudiants de l’école des Beaux-Arts de Paris aménagent l’ancienne Gare de Charonne désaffectée en café-concert. Durant la décennie qui suit, la Flèche d’Or devient une référence dans les milieux artistiques de l’Est parisien, inaugurant par exemple les premiers pas sur scène de Christine and the Queens. Mais, en raison de difficultés financières à répétition, les propriétaires de l’époque sont obligés de mettre la clé sous la porte en 2016, et le lieu manque de se faire racheter par une chaîne de pubs irlandais.
Le projet actuel. En 2019, la Flèche d’Or renaît de ses cendres grâce à l’engagement de militants écologistes et LGBT+ qui en font une maison des peuples, mais ils sont rapidement expulsés par la police. La Flèche d’Or, alors un établissement privé, sera finalement sauvée de justesse l’année suivante grâce à son rachat par la mairie de Paris. Un appel à projet confiera ensuite l’animation du lieu à huit collectifs (Curry Vavart, Gare XP, Collectif Mu, DOXA ESTA, Pieg, Ancoats, DOC et ObliQ).
Un lieu engagé, culturel et solidaire. Portée par des bénévoles, la structure se consacre alors autant aux maraudes et à l’aide alimentaire qu’à l’organisation de concerts et d’expositions. Et s’engage pour la visibilisation des minorités (personnes queers, racisées, handicapées, etc) lors de débats et de rassemblements militants. Grâce à une billetterie à prix libre, la plupart des soirées (pas toutes!) sont en outre accessibles à tous les porte-monnaies.




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