Créer de nouveaux immeubles pour répondre à la crise du logement ? Ou végétaliser la ville pour mieux l’adapter au changement climatique ? Idéalement, on aimerait ne pas avoir à choisir. Au 7 rue Alphonse Penaud, c’est une résidence sociale qui doit voir le jour à la place d’anciens garages, situés devant un jardin privé. Le projet étant en sursis, des riverains demandent un changement de cap et de préserver la parcelle pour en faire un jardin public. 

Quel est le projet sur cette parcelle ? Sur ce petit terrain de 265m2 coincé entre un immeuble et une maison, à deux pas de la porte de Bagnolet et la Campagne à Paris, d’anciens boxes de garages ont récemment été démolis. La Mairie de Paris l’a préempté afin d’y bâtir une résidence sociale de 21 logements, pour le compte du bailleur social 3F (Groupe Action Logement). Le projet est d’y accueillir des femmes, victimes de violences conjugales ou intrafamiliales, accompagnées par l’association Esperem.

Qui s’y oppose et pourquoi ? Un premier recours contentieux a été déposé par une association (St. Fargeau-Surmelin) car la hauteur de la future construction dépasserait les limites légales du Plan local d’urbanisme (PLU). En attendant son examen, d’autres riverains ont lancé une pétition – recueillant 1278 signatures à ce jour – pour demander la création d’un parc public. Objectif : améliorer la qualité de vie des enfants, des familles, et épargner un grand sapin et un prunus cinquantenaires. Autre argument : le fait que le 20e arrondissement compte déjà 41,7 % de logements sociaux, alors que dans les 6e, 7e et 8e arrondissements, la proportion chute en dessous des 4,5 %. “Concentrer le logement social à l’Est tout en sacrifiant ses rares espaces verts : ce n’est pas de la mixité, c’est de la ségrégation urbaine”, écrivent-t-ils. On pourra ajouter qu’un logement sur dix est vacant à Paris, et que des millions de m2 de bureaux sont vides en Ile-de-France. 

Que leur répondent les partisans du projet ? Interrogé par Le Parisien, le Maire du 20e arrondissement Eric Pliez, juge le contre-projet des habitants “injustifié” : “Je déplore la réaction des habitants, alors qu’on construit une petite résidence, gérée par une association sérieuse et connue. Selon moi, le constat est assez classique : on est toujours pour la solidarité, mais pas quand c’est en bas de chez soi”. Des riverains, favorables au projet, arguent de son utilité sociale et estiment que le quartier dispose déjà d’espaces verts, comme le square Séverine pas très loin, ou le Jardin de la Justice, dont le jardin partagé La Terrasse du T3 manque de bénévoles et pourrait prochainement disparaître. 

Pour en savoir plus
Le texte de la pétition sur Change.org
L’article du Parisien

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