Qui dit fin de la canicule, dit retour possible au footing. Avec cette question qui revient souvent : où courir dans le 20e arrondissement de Paris ? Certes, on est envieux du Canal de l’Ourcq, des Buttes-Chaumont et du Bois de Vincennes voisins, mais on a tout de même des tronçons sympas à vous soumettre (à inclure dans votre boucle !), proposés par Cyprien, 27 ans. Un habitant du 20e passionné de course à pied, de montagne, de patrimoine, de pizzas et de Spritz Campari.

1/ Sentir Ménilmontant

Au départ de la station de métro Ménilmontant, vous découvrez alors la rue de Ménilmontant. Longue d’un peu plus d’ 1 kilomètre, elle se raidit de plus en plus, pour vous faire gravir plusieurs dizaines de mètres de dénivelé, au gré d’un parcours riche de patrimoine, de cultures et de couleurs !

Après les 500 premiers mètres, il faudra réussir à ne pas s’arrêter sur les charmants bancs du Square Idir. Vous surplomberez alors la mythique librairie du Monte-en-l’Air, située Rue de la Mare. Au loin, vous apercevez déjà, monumentale, la fresque du peintre Jérôme Mesnager (1995), C’est nous les gars d’Ménilmontant. Cette création rend hommage à la chanson de Maurice Chevalier (1942), dans laquelle il dit bien qu’ils ont “toujours le cœur ardent” !

La rue Sorbier vous offre ensuite la possibilité de vous ravitailler, aux douces et historiques terrasses de La Laverie ou de l’Entrepot’s, ou bien aux délices turcs de la Cantine Perchée avant d’attaquer la section plus raide. Après avoir croisé la rue des Pyrénées, montagneuse elle aussi, la Rue de Ménilmontant bascule vers Saint-Fargeau, vous permettant de relancer un peu !

2/ Prendre de la hauteur à Belleville

Depuis le bas de la rue de Belleville, débutez l’ascension à allure modérée, car la pente est de plus en plus forte ! Pleine de vie, cette artère grimpe sur les hauteurs du 20e. Après 500 mètres pentus, plongez sur la droite dans la rue Piat. Un dernier coup d’œil vers le bas de la rue vous offre alors une petite fenêtre sur la Tour Eiffel ! La rue Piat offre assez vite une belle perspective depuis le belvédère de Belleville, aussitôt aperçue qu’il faut déjà plonger dans le parc.

Trouvez ici les délicieux escaliers bellevillois, qui peuvent offrir aux plus courageux un peu de dénivellation, ombragée, et hydratée par la fontaine Wallace qui trône dans le haut du parc. Aux pieds du parc, longez la clôture qui remonte un peu vers le nord, et allez découvrir, rue de la Ferme Savy, la fresque murale réalisée par l’artiste Question Mark, dans le cadre d’un projet porté par l’association Faisons vivre la Commune ! au Budget Participatif de la Ville de Paris, en 2019. Cette fresque, commémorative et didactique, met en images certains moments clés de la Commune de Paris.

3/ Oser les Pyrénées

Le parcours le plus emblématique de l’est parisien, reste peut-être celui qui consiste à emprunter la rue des Pyrénées. Longue de 3,5 kilomètres (deuxième plus longue rue de Paris ! ), vous pouvez la cueillir depuis le haut de Belleville, ou depuis le cours de Vincennes, selon que vous préfériez monter les 50 mètres de dénivelé, ou descendre vers la Seine. Pas d’ours, de bergers ou de falaises, mais quand même des refuges, des glaciers et même un oasis, au sein du Jardin des soupirs, que vous trouverez au numéro 242, avant d’atteindre Ménilmontant si vous montez. Au numéro 296, si l’ascension vous a rincé, l’institution des Bains-Douches vous permet de vous doucher, gratuitement, depuis 1927 (nécessaire de toilette et serviette non fournis) !

4/ Quitter la ville

En montant depuis Nation, suivez le boulevard de Charonne, passez devant les nombreuses terrasses avant de commencer la grimpette en prenant à droite la rue Alexandre Dumas. La traversée de la place de la Réunion est risquée : engagez un slalom entre les tables des Nouveaux sauvages, ou de La Chope…

À l’opposé, la délicieuse rue Vitruve traverse la chaîne des Pyrénées et vous mène jusqu’à la rue Saint Blaise, que vous emprunterez sur votre gauche. Cette rue pavée vous projette déjà dans un horizon provincial, que Les Rêveuses subliment. À gauche de l’église Saint-Germain de Charonne, vous trouverez les escaliers de la rue Stendhal. Enchanteurs à bien des égards, ils offrent 11 mètres de dénivelé. Généralement peu fréquentés, il n’est pas rare d’y voir des montagnards* tourner…

5/ Les reliefs provinciaux

Ménilmontant, Belleville, Charonne… le tableau des anciens villages du 20e est presque complet. Relancez une dernière fois pour aller gravir les marches de la rue du Père Prosper Enfantin (à deux pas de la station de métro Porte de Bagnolet). Ces 14 mètres de dénivelé portent la singularité d’être à la fois un escalier et une rue. Après avoir gagné le sommet, félicitez vous de cet effort qui vous offre une petite virée provinciale, dans le quartier dit de la Campagne à Paris. Au retour, en retournant vers l’ouest, offrez-vous un rafraîchissement, à la fontaine Wallace de la place Edith Piaf, grande dame du 20e arrondissement.

*Montagnards : coureurs qui préparent des courses en montagne

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