Il a suivi les traces d’Henri Cartier-Bresson, a exposé avec Willy Ronis et a été le rival de Robert Doisneau. Pourtant, peu de personnes le connaissent. Qui est donc Henri Guérard (1921-2012), le photographe humaniste que l’Histoire n’a pas retenu ?

Né en 1921 rue Sorbier, Henri Guérard restera toute sa vie profondément attaché au 20ᵉ arrondissement, qu’il appelait affectueusement « son village ». Lorsqu’il épouse sa femme, Simone, le couple s’installe rue d’Annam, à quelques minutes à pied de sa maison natale. C’est dans ces rues qu’Henri Guérard construit son regard de photographe et observe les transformations de son quartier.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille pour le Service photographique et cinématographique de l’Armée. En parallèle, il rejoint la Résistance aux côtés de son oncle Marcel Verrière, tout en poursuivant son métier de photographe. En août 1944, son appareil documente la Libération : l’arrivée des chars américains boulevard de Belleville, les combats des Francs-Tireurs et Partisans ou encore le déchargement des trains allemands en gare de Ménilmontant.

Après-guerre, Guérard poursuit ce travail de mémoire au fil des rues du 20ᵉ. Photographe humaniste, il s’intéresse aux habitants, à leur quotidien et aux métamorphoses d’un arrondissement populaire en pleine évolution. Ses images racontent une société qui se relève, entre difficultés et injustices, mais aussi énergie, solidarité et joie de vivre. Contrairement à d’autres photographes de son époque, Henri Guérard reste méconnu. Peu doué pour commercialiser ses clichés, membre d’aucune agence de presse, il constitue pourtant une mémoire photographique précieuse du 20ᵉ arrondissement et de ses habitants.

Pour en savoir plus

Conférence de Livia Auroy, diplômée en histoire de l’art de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Organisée par l’AHAV, l’association d’histoire et et d’Archéologie du 20e arrondissement de Paris. Ce vendredi 4 septembre 2026 à 18h à la mairie du 20e arrondissement, Salle Suzanne Lacascade. Entrée gratuite, sur réservation par mail à ahav.paris20@gmail.com

L’article en ligne “Henri Guérard, un “titi” du 20e devenu photographe humaniste”, de Livia Auroy, sur le site de la bibliothèque historique de la Ville de Paris.

La rue Sorbier pendant l’hiver 1950
Rue Vilin, 1959 (BHVP)
Destruction de l’Îlot 11 des Amandiers, 13 mars 1958 (BHPV)
Communion à Ménilmontant, 1950 (BHVP)
Foyer africain rue Bisson, 1971, épreuves gélatino-argentiques, BHVP

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