C’était en novembre 1943. Missak Manouchian, rescapé du génocide arménien réfugié en France, est arrêté par les nazis.

Avec une vingtaine de camarades résistants du “Groupe Manouchian”, ils viennent d’assassiner plusieurs hauts gradés au cours des derniers mois. Torturés, ils seront exécutés en février 1944. La propagande allemande s’empare alors de leurs noms, pour réaliser une affiche devenue célèbre : en médaillons les visages de dix fusillés, au centre, la photo de Missak Manouchian, avec cette inscription : “Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés”. Dans le quartier Pelleport/Saint-Fargeau, un mur peint (situé passage du Surmelin) et la rue du Groupe-Manouchian leur rend un hommage mérité. Missak Manouchian, 37 ans, laisse derrière lui une veuve, Mélinée. À qui il adressera une dernière lettre, depuis la prison de Fresnes. Ce texte apparaît en partie sur la fresque et fut repris par le poète Louis Aragon dans “Strophes pour se souvenir”. Extraits.

“Ma chère Méline, ma petite orpheline bien aimée, (…) je meurs à deux doigts de la victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand (…) Bonheur ! à tous ! J’ai un regret profond de ne pas t’avoir rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et avoir un enfant pour mon honneur et pour accomplir ma dernière volonté, marie toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse.

Tu apporteras mes souvenirs, si possible, à mes parents en Arménie. Je mourrai avec 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant au soleil et à la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie.”

Photo : @afterpcorp

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