Un second tour sera organisé dimanche prochain dans le 20e arrondissement de Paris. Le maire sortant, candidat de l’Union de la Gauche, se voit imposer un second tour par ses rivaux.
Certains de ses militants espéraient une victoire dès le premier tour, tant la gauche est solidement implantée dans le 20e arrondissement de Paris. Malgré un score en forte hausse – 46,72 % des suffrages, contre 38,10 % en 2020 lors du premier tour – Eric Pliez devra attendre dimanche prochain pour se voir confier un second mandat de maire du 20e arrondissement. Sa progression s’explique en grande partie par l’Union de la gauche dès le premier tour. Car lors du précédent scrutin, une liste écologiste l’avait privé de 11,43 % des voix.
L’autre différence par rapport à 2020, c’est l’ordre d’arrivée des challengers. Si le candidat de droite, François-Marie Didier s’était classé second (avec 13,87 % des voix), il est cette fois sur la troisième marche du podium avec 12,65 % des suffrages. La percée de la soirée, c’est celle de la candidate de La France Insoumise, Sophie de la Rochefoucauld qui s’adjuge 22,07 % des voix, bien plus que sa prédécesseure il y 6 ans, Danielle Simonnet (10,86 %).
Mais pour y voir plus clair, il semble judicieux de comparer ce score de LFI à ceux d’autres scrutins. Pour rappel, Jean-Luc Mélenchon avait réussi à mobiliser 47 % des suffrages dans le 20e arrondissement au premier tour des présidentielles en 2022, soit son meilleur score à Paris. En 2024, lors des Européennes, LFI s’était là encore classée en tête (avec 28,2 % des voix), devant les socialistes (24,5 %) et les écologistes (13,6 %). Le score du premier tour des municipales (22 %) révèle plutôt un recul de La France Insoumise dans l’arrondissement. Explicable en partie par le ralliement de la députée Danielle Simonnet (ex-insoumise) à la liste du maire sortant Eric Pliez.
Parmi les autres enseignements de ce scrutin : le recul du parti macroniste dans l’arrondissement. En 2020, la maire sortante, Frédérique Calandra avait récolté 12,52 % des voix sous l’étiquette LREM. Son successeur, Mohamad Gassama redescend aujourd’hui à 6,97 %, ne parvenant pas à se qualifier pour le second tour. Le scrutin de dimanche prochain (22 mars) verra donc s’opposer dans le 20e Eric Pliez, Sophie de la Rochefoucault et François-Marie Didier.
Et l’extrême droite dans tout ça ? Comme dans les autres arrondissements parisiens, c’est la liste de Sarah Knafo (Reconquête) qui devance celle du Rassemblement national (Thierry Mariani) : Mourad Amellal, récolte 5,65 % des voix, devant Jean-Philippe Guillin (2,37 % des voix). Ainsi, l’extrême droite cumule 8 % des suffrages dans le 20e arrondissement. Elle est plutôt en recul quand on compare aux élections européennes de 2024, où elle avait dépassé les 10 % (avec 7,6 % des suffrages pour le RN et 3,3 % pour la liste Reconquête, menée alors par Marion Maréchal).
Du côté du second scrutin, pour la mairie centrale, et pour les sièges au Conseil de Paris, les dynamiques sont les mêmes. Profitant probablement d’un effet “vote utile” à gauche, la liste d’Emmanuel Grégoire rassemble même un peu plus que celle d’Eric Pliez, avec 49,26 % des suffrages, devant Sophia Chikirou (19,37 %), Rachida Dati (13,90 %) et Pierre-Yves Bournazel (6,59 %).
Du côté de la participation, 56,57 % des électeurs se sont déplacés ce dimanche dans le 20e arrondissement. L’abstentionnisme a été plus élevé que dans le reste de Paris (58,89 % de votants) et de la France (avec une participation estimée à 58 %).
>> Retrouvez les résultats détaillés sur le site du Monde.fr

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