Certes, on a beaucoup parlé des commerces parisiens suite aux pillages, mais cela n’est heureusement pas représentatif de ce qu’ils vivent tout au long de l’année. Comment se portent-ils à Paris ? Lesquels ont le vent en poupe ? Lesquels sont en difficulté ? Réponse avec la 10e enquête réalisée par l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR).

Que faut-il en retenir ? Ce sont près de 60 000 commerces en rez-de-chaussée qui ont été recensés dans les rues parisiennes, soit une densité de 28 commerces pour 1 000 habitants (très au-dessus des autres grandes villes françaises !). La bonne nouvelle, c’est que contrairement à la moyenne nationale, le nombre de bars, cafés et restaurants continue de progresser à Paris, avec 555 nouveaux commerces enregistrés ces trois dernières années (ça sent la tendance coffee shops derrière tout ça !). Cependant, le contexte économique reste difficile pour les commerçants (inflation et baisse du pouvoir d’achat des ménages, loyers toujours plus élevés, hausse du coût de l’énergie et des matières premières, épisodes de canicule répétés) comme le montre la hausse du nombre de locaux vacants (aux environs de 10%).   

Qui apparaît en difficulté ? Les résultats de l’enquête sont le reflet d’évolutions démographiques, sociales et de changements dans notre consommation : plus de cabinets médicaux accessibles, installés en rez-de-chaussée, plus de salles de sports, moins de concessionnaires auto et de garages. Le commerce en ligne concurrence de plus en plus fortement les commerces d’habillement (-363 magasins) et d’équipement de la maison (-141) et la digitalisation massive des services explique la fermeture des agences bancaires (-99), des cabinets d’assurances (-54), des agences de voyage (-39) ou d’intérim (-24).

Et dans le 20e arrondissement ? Le nombre de commerces référencés reste stable ces trois dernières années (à 2 683/ 2 680), mais depuis l’an 2000, c’est une centaine de commerces qui a disparu. Sur la carte, on constate une grande disparité entre des artères très denses en boutiques, comme la rue d’Avron, la rue des Pyrénées (encore plus dans sa partie nord), la rue de Bagnolet ou l’avenue Gambetta, tandis que les quartiers des portes du 20e arrondissement, entre le boulevard des Maréchaux et le périphérique, peinent à attirer les commerçants.

 

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