Le compte à rebours est lancé avant les élections municipales qui se tiendront les dimanches 15 et 22 mars. En tant que média local indépendant, nous avons cherché à interviewer tous les candidats, en leur soumettant les mêmes questions. Voici les réponses de Jean-Philippe Guillin de la liste Rassemblement National (de Thierry Mariani).
1/ Pouvez-vous vous présenter ?
« Habitant notre arrondissement depuis 1984, je suis âgé de 63 ans. Après des études de sciences politiques et de droit , j’ai exercé plusieurs années en libéral dans le monde judiciaire avant de prendre en charge la gestion contentieuse d’un tour opérateur, puis je me suis tourné depuis près de vingt ans vers l’enseignement supérieur. »
2/ Depuis quand vivez-vous dans le 20e ? Dans quel quartier précisément ?
“Depuis plus de quarante ans, j’habite le sud du vingtième arrondissement, d’abord la rue des Haies avant les bouleversements de la ZAC Orteaux-Reunion, un Paris alors authentique, de Paris village. J’ai demeuré à proximité immédiate du Bois de Charonne et enfin à la lisière du Cours de Vincennes : une fidélité sans faille dans un arrondissement si attachant avec ses contradictions dont, une ambiance authentique, son histoire glorieuse ou triste, un air de Paris si spécial que les vieux habitants de nos collines disaient jadis pour aller dans le centre « on descend à Paris ». »
3/ Pourquoi vous présentez-vous en tant que tête de liste dans le 20e arrondissement de Paris ?
“Se présenter comme tête de liste n’est ni un choix aisé, ni une décision facile. Cela ressort comme une évidence lorsqu’on a travaillé, vécu et qu’on est impliqué dans cet arrondissement. Le temps n’est plus aux apparatchiks assis dans leur siège et souhaitant le conserver. L’ambition raisonnée est d’avoir un vingtième vivant, non soumis aux diktats d’une mairie centrale ou aux souhaits comminatoires de certaines franges politiques ou associatives. Il convient de redonner après trente et un ans de socialisme municipal et de pouvoir anesthésiant voire clientéliste, voix, non seulement à ce peuple de droite, mais au-delà sans sectarisme à tous les habitants rassemblés au-delà des chapelles dans un désir commun de construction.”
3/ Quelle sera votre première action de début de mandat ?
“Sur un plan général, il convient avant tout de dresser un état exhaustif des actions menées de leur impact, de leur coût, et de leurs conséquences. C’est pour cette raison que sera mis en place un audit complet de l’arrondissement, y compris du fonctionnement de la Mairie. Rien ne peut s’envisager sans une image fidèle, réaliste, complète des réussites éventuelles et des erreurs certaines commises. La population sera naturellement conviée à exposer ses points de vue dans le cadre d’une consultation générale. Sur un plan plus particulier, l’accent sera mis dès le tout début du mandat sur la sécurisation active et passive de nos établissements scolaires, de manière à ce que les dérives ou comportements observés récemment dans le périscolaire, soient pris en compte immédiatement, puis que les mesures ne seraient ce que conservatoires, soient appliqués immédiatement. Il est du rôle d’un maire responsable d’agir de la sorte, des comportements déviants comme ceux commis à l’école rue des Grands Champs en dernier trimestre 2025 étant inadmissibles.”
4/ Alors que la propreté apparaît comme l’une des insatisfactions majeures dans le 20e ardt, que proposez-vous ?
« La propreté est un enjeu commun dans le monde où nous vivons. Chacun a été effaré de l’état de nos rues et trottoirs, notamment en 2024 lors d’une grève durable. L’estimation fait état d’une moyenne de 450 kg de déchets par an par parisien. Les efforts entamés devront être poursuivis, notamment le tri sélectif pour chaque immeuble. Ils doivent être portés à un plus haut niveau d’exigence pour mieux consommer et entre autres en circuits courts, le recyclage développe, la lutte contre les graffitis ainsi que de dépôts sauvages. L’extension des pouvoirs de notre Police Municipale et la création d’une brigade spécialisée permettant de sanctionner sans répit ces fauteurs de troubles qui offrent d’eux même et de l’arrondissement une déplorable image. Une des pistes envisageable est à terme comme la moitié de nos arrondissements, d’avoir recours à une entreprise privée chargée du ramassage et du tri, si ce fonctionnement en régie ne donne pas des résultats corrects. »
5/ Que proposez-vous en termes de mobilités dans le 20e arrondissement ?
“Piéton moi même comme chacun de nous, je constate les dangers de ce moyen de locomotion : trottoirs abimés, encombrés ou souillés, terrasses de cafés, de restaurants prenant certaines libertés avec les autorisations données, circulation de trottinettes… Nous veillerons à ce que le domaine piétonnier soit désormais protégé, particulièrement pour les jeunes enfants, ainsi que les personnes à mobilité réduite. Les déplacements doux feront l’objet d’une étude attentive. Le plan de circulation sera revu avec un nouvel aménagement des portes, sujet important de la mandature, mais également une circulation plus adaptée Place Gambetta et rue des Pyrénées. La question récurrente depuis 1971, a de nouveau été posée sur une éventuelle fusion des lignes 3 bis et 7 bis de notre réseau métro. Séduisante en apparence et notamment si prolongement vers un pôle Château-Landon – Magenta – Gare du Nord, ce projet a fait objet d’une inscription au schéma directeur de Paris Ile de France, mais toute décision du fait des nouvelles lignes du Grand Paris Express (de raisons budgétaires) et d’une fréquentation potentielle très moyenne est repoussée après 2030. Ce n’est donc pas une fin de non-recevoir définitive.”
6/ Manque de place en crèche, écoles mal entretenues, défaillances dans le périscolaire… que préconisez-vous pour rassurer les familles du 20e ?
“La Mairie a pour mission de veiller sur chacun. Nous veillerons à ce que la petite enfance, notre avenir commun, puisse bénéficier de places en crèches, voire par la mise en place de solutions alternatives contrôlées. Nous proposons d’ailleurs dans notre programme une prime de 300 euros par mois aux familles sans crèche, pour leur permettre de faire appel à une assistante maternelle. Nous reviendrons au principe de la semaine de quatre jours en primaire. Nous ferons de la sécurité des enfants notre pierre angulaire, en rénovant le bâti scolaire et en étant d’une extrême vigilance sur tout manquement notamment lors des activités périscolaires. Ce contrôle s’effectue en phase de recrutement comme en phase d’exécution des missions. Un contact privilégié sera noué avec les parents.”
7/ Quelles sont vos propositions pour améliorer l’inclusion dans l’arrondissement (précaires, SDF, racisé.e.s, handi.e.s, LGBTQIA+…) ?
“Je suis particulièrement et toujours quelque peu étonné par cette question a fortiori politiquement orientée. Le concept d’inclusion sociale apparu au début de ce siècle, s’oppose frontalement au concept d’universalisme républicain soit, une égalité de traitement pour tous sans distinction. La loi du 11 février 2005 sur le handicap et les dispositions de l’article 222-1 du Code Pénal sur une notion très large de pratiques discriminatoires protègent notamment chacun de ces grands naufrages que certains affrontent. Notre jacobinisme originel entraîne ainsi inclusion dans ce que l’on appelle Nation pour résorber la variété, à l’origine des provinces françaises ou des peuples issus d’anciennes colonies et de l’immigration. Or depuis une quarantaine d’années surtout, nous sommes passés d’une culture commune à un multiculturalisme souvent forcé et imposé, ce qui entraîne des modes de vie parfois différents ou en dehors de la norme dominante. Nous devons donc redéfinir les bases de notre “Société” ou prendre le risque de constitution d’un puzzle de co habitants sans projet commun d’où le risque de communautarisme. »
8/ Comment vous positionnez-vous par rapport au projet immobilier Télégraphe, consistant en une densification de constructions. Voulez-vous arrêter cette pratique ou la poursuivre ?
“Notre urbanisme a rythmé notre quotidien depuis ces décennies, remodelé des rues, des quartiers où une nouvelle vie s’est inventée. Il se concentre désormais sur certains secteurs, Porte de Montreuil et Télégraphe. Il doit être raisonné, s’inscrire dans l’harmonie d’un quartier, préserver si possible l’existant et ne pas tutoyer des sommets de hauteur. Nous ne pouvons qu’être vigilants sur les aménagements prévus et prévisibles, l’urbanisme étant un art autant qu’une technique. Il ressort cependant que les habitants mettent en avant un certain nombre d’irrégularités vraies ou supposées sur ce projet Télégraphe et le rôle de la Mairie. Vous comprendrez bien que n’ayant eu accès aux pièces du dossier de permis de construire, qu’il me soit difficile de prendre position sur un dossier désormais totalement juridique s’appuyant sur des constatations techniques précises, éventuellement des expertises.“
9/ Quels sont vos souhaits pour le futur de la Maison de l’Air et de La Flèche d’Or ?
“Il semble évident que la fin du projet RER Ex Petite Ceinture a été enterré. La Flèche d’Or pendant de nombreuses années a animé cette rue de Bagnolet. Il est prévu un long projet de réhabilitation pour lequel les travaux ont été programmés. Je ne peux que me réjouir de revoir à terme lieu revivre, amenant un peu d’animation en haut de Saint Blaise. La Maison de l’Air a trouvé son public. Ses activités doivent perdurer pour le bien de tous.”
10/ Avez-vous des lieux fétiches à nous recommander dans le 20e ?
“Je dirai d’abord le square Sarah Bernhardt récemment rénové. Il n’est pas forcément à mon goût personnel, mais les jeux égaieront les enfants et reposeront les parents. Ce square (jadis les usines à gaz de Saint-Mandé) dont, les lumières du soir tombant a parfois un petit côté square de Kensington et distille le charme secret reposant de ces endroits presque au-delà de notre capitale. Mon deuxième choix serait presque campagnard. Il s’agit du haut de la Rue Saint Blaise avec au fond de cette voie pavée encadrée de réverbères, l’église Saint Germain de Charonne et la seule église de Paris qui possède à ses pieds son petit cimetière. Enfin, je citerai ces passages étroits dont beaucoup ont fini en impasse qui permettaient de passer d’une rue à une autre dans ce quartier Haies/Terre Neuve/Réunion et qui infuse un charme subtil. »

Photos prises au Square Sarah Bernhardt par Siméon Brand
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