Le compte à rebours est lancé avant les élections municipales qui se tiendront les dimanches 15 et 22 mars 2026. En tant que média local indépendant, nous avons cherché à interviewer les candidats, en leur soumettant les mêmes questions. Voici les réponses d’Eric Pliez, le maire actuel, candidat Union de la gauche et des écologistes (la liste d’Emmanuel Grégoire). 

1/ Pouvez-vous vous présenter ? Et nous résumer brièvement votre parcours ?
« Je suis un homme de gauche, attaché à la solidarité, à la justice sociale et à l’humain avant tout. Le 20e est mon territoire de cœur : un arrondissement populaire, créatif, où se mêlent migrations et histoire parisienne. Avant d’être maire, j’ai consacré ma vie à l’action sociale et à la protection des plus fragiles — comme directeur associatif, président du Samusocial de Paris et acteur de l’économie sociale et solidaire. Ces engagements ont façonné ma manière d’agir : écouter, rassembler, agir concrètement. Depuis 2020, j’ai l’honneur d’être maire du 20ᵉ. J’y défends une transition écologique pour toutes et tous, avec le logement, la culture et la solidarité au cœur des priorités. »

2/ Depuis quand vivez-vous dans le 20e ? Dans quel quartier précisément ?
« Je réside dans le quartier de la Réunion, mais ma vie au quotidien est principalement autour de la mairie, place Gambetta. En tant que maire, j’ai la chance de visiter tous les coins du 20e, de découvrir chaque jour un nouveau commerce, un café, d’être invité dans des fêtes de quartier, dans des festivals. C’est ce que j’aime le plus dans le 20e, c’est cette vie de village avec pour chaque quartier une identité propre ».

3/ Pourquoi vous présentez-vous en tant que tête de liste dans le 20e arrondissement de Paris ?
« Depuis 6 ans, avec l’équipe municipale, nous avons beaucoup travaillé à l’amélioration de notre arrondissement. Mais il reste du travail pour préparer la ville aux températures extrêmes qui nous guettent, pour garder cette ville accessible au plus grand nombre et pour faire en sorte qu’on y vive bien. J’ai dédié ma vie à prendre soin des autres, j’ai la volonté farouche de continuer à le faire en tant que maire. De plus, j’ai été surpris de voir à l’échelle d’une municipalité comme 6 ans passent vite. Beaucoup des grands projets que nous avons impulsés n’en sont encore qu’à leurs prémices comme la transformation de la porte de Montreuil dont les travaux démarrent dans les semaines qui viennent et ne s’achèveront qu’en 2030. »

4/ Quelle sera votre première action en début de mandat ?
« Ma première action sera d’envoyer une carte de bibliothèque à chaque jeune du 20e arrondissement. La lecture ouvre à nos jeunes l’infini des possibles, des savoirs et des imaginaires. C’est aussi une promesse d’égalité grâce à ces équipements publics que j’affectionne et qui sont de vrais lieux de rencontre. Envoyer une carte de bibliothèque, c’est faire tomber une barrière symbolique. »

5/ Alors que la propreté apparaît comme l’une des insatisfactions majeures dans le 20e, que proposez-vous en la matière ?
« Nous avons massivement végétalisé la ville, nous avons rendu un certain nombre de rues piétonnes, nous avons étendu les terrasses des cafés. Cela fait que nous vivons plus dehors qu’il y a quelques années et que nous produisons plus de déchets en dehors de nos domiciles. La ville est notre bien commun et nous nous devons de respecter les règles. Nous travaillons sur la réduction des déchets et la prévention mais aussi sur les sanctions. Nous avons prévu de recruter 1000 policiers municipaux supplémentaires à Paris dont une centaine dans le 20e. Ils viendront renforcer le travail des référents de quartier. Cela ne fait pas tout, mais avoir un interlocuteur privilégié va aider en renforcer la propreté. Je suis convaincu que c’est l’éducation des plus jeunes qui changera vraiment l’aspect de nos quartiers. »

6/ Que proposez-vous en termes de mobilités dans le 20e arrondissement ?
« Nous avons trois axes prioritaires : protéger les piétons, développer les pistes cyclables et améliorer l’accessibilité. Des cœurs piétons seront créés notamment à Jourdain, Amandiers, Gambetta, Vitruve et Réunion. La Place Gambetta sera réaménagée pour la rendre plus verte et plus accessible aux piétons. Le déploiement des pistes cyclable se poursuivra et les axes dangereux dont la rue des Pyrénées seront réaménagés. Enfin, l’objectif est d’aller vers 100% des rues accessibles aux personnes à mobilité réduite grâce à des rues piétonnes, des trottoirs élargis et au désencombrement. »

7/ Manque de place en crèche, écoles mal entretenues, défaillances dans le périscolaire… que préconisez-vous pour rassurer les familles du 20e ?
« Nous allons continuer à mener la lutte contre les fermetures de classes. Il n’est pas acceptable de poursuivre avec une logique comptable quand il s’agit de l’éducation et de l’avenir de nos enfants. Nous mettons plusieurs millions d’euros chaque année dans les travaux des écoles et nous allons accélérer notamment sur la question des fuites, du chauffage, des toilettes. Sur le périscolaire, nous voulons aller plus loin. Avec Emmanuel Grégoire, nous lancerons dès avril 2026 une convention citoyenne sur les temps scolaires et les droits de l’enfant pour une réforme applicable à la rentrée 2026. Nous créerons aussi une maison du répit parental et un service de garde universelle en dehors des horaires traditionnels, notamment pour soulager les familles monoparentales. Nous étendrons la gratuité des fournitures scolaires et maintiendrons le gel des tarifs de cantine pour alléger les charges. Ce n’est pas juste une question de places ou d’horaires, c’est une question de justice et d’attention portée à chaque famille. »

8/ Quelles sont vos propositions pour améliorer l’inclusion dans l’arrondissement (précaires, SDF, racisé.e.s, handi.e.s, LGBTQIA+…) ?
« Nous allons créer 400 places d’hébergement d’urgence supplémentaires avec un objectif : zéro enfant à la rue. Nous ouvrirons une Maison des femmes victimes de violences à Ménilmontant, des lieux refuges LGBTQIA+ jeunes dans nos centres d’animation, et nous créerons un conseil des résidents extra-communautaires. Nous renforcerons aussi l’accès aux soins avec trois nouveaux centres et maisons de santé en secteur 1 aux portes de Montreuil et Bagnolet. Ce n’est pas qu’une question de structures, c’est une question d’écoute et de proximité. Je suis convaincu que c’est en agissant concrètement, au plus près des réalités de chacune et chacun, que nous construirons un 20e vraiment solidaire et inclusif. »

9/ Comment vous positionnez-vous par rapport au projet immobilier Télégraphe, consistant en une densification de constructions. Voulez-vous arrêter cette pratique ou la poursuivre ?
« Il faut rappeler l’historique de ce projet privé. Au départ, c’était un projet très dense. Nous avons, à force de négociations, réussi à faire revoir l’aspect global et surtout à le transformer en logements étudiants. Je suis donc pour. Le logement des jeunes sera un des enjeux majeurs de la prochaine mandature. Le PLU bioclimatique, que nous avons mis en place sous Anne Hidalgo, fixe des règles qui protègent Paris d’une densification non souhaitable. Dans ce cadre, nous continuerons à construire partout où cela est possible. »

10/ Quels sont vos souhaits pour le futur de la Maison de l’Air et de La Flèche d’Or ?
« La Maison de l’Air va accueillir la Maison de la vie associative et citoyenne après des travaux de rénovation. Concernant la Flèche d’Or, elle va fermer au début de l’été pour des travaux importants d’insonorisation et de mise aux normes permettant notamment de se débarrasser des petites bêtes qui grignotent les poutres. L’objectif est que ce lieu garde sa vocation de tiers-lieu culturel et social. Nous avons également le projet de créer une balade qui part de le Flèche d’Or et qui permette de rejoindre le bois de Vincennes le long de la Petite Ceinture, sans croiser une seule voiture. »

11/ Avez-vous trois adresses fétiches à nous recommander dans le 20e ?
« Le stade Louis Lumière qui a accueilli le site de festivités des Jeux Olympiques et Paralympiques pour en faire une vraie fête populaire dans le 20e et plus récemment la projection de la finale de la CAN. Nous allons y multiplier ces événements populaires. Le Toutéla, le tiers lieu culturel et solidaire de la Compagnie du 20e rue des Frères Flavien (Porte des Lilas). La Compagnie du 20e est l’entreprise à but d’emploi née de l’expérimentation Territoire zéro chomeur de longue durée qui me tenait particulièrement à cœur. Aujourd’hui, elle compte 50 salarié.es en CDI. Et enfin Bambin. Ce café « kids-frendly » situé rue de Tourtille est un bon exemple du travail que nous menons avec Paris Commerces : aider à l’installation de commerces en pied d’immeubles appartenant à des bailleurs sociaux. C’est un lieu dynamique qui accueille des parents, des jeunes enfants, qui tisse des liens avec les autres structures du quartier. »

12/ Pouvez-vous nous dire les 3 choses de votre bilan dont vous êtes le plus fier ?
« Il y a évidemment l’ouverture du parc Aretha Franklin à Python-Duvernois qui transforme déjà ce coin du 20e et qui donne à voir ce à quoi ressemblera le futur quartier. Non seulement c’est beau, mais c’est aussi un lieu où se rencontrent les différents milieux sociaux du 20e, un vrai lieu de vivre ensemble. Il y a aussi la transformation de l’espace public : en 6 ans nous avons rattrapé le retard qu’avait le 20e à l’échelle de Paris en termes d’équipements cyclables, nous avons créé une vingtaine de rues aux écoles et transformé un tronçon de la Petite Ceinture en bois. Et enfin, Il y a la question de la solidarité. Depuis 2020, ce sont plus de 1 000 places supplémentaires d’hébergement d’urgence qui ont été créées dans le 20e dont une halte de nuit pour femmes dans la mairie, une ancienne crèche qui accueille des familles et des lieux dédiés aux filles mineures. »

13/ Quelles promesses de 2020 n’avez pas eu le temps ou la possibilité de mener ?
« Nous avons tenu près de 90 % de nos promesses de 2020 et j’en suis assez fier. Certaines de ces promesses se sont avérées non réalisables pour des raisons techniques, d’autres ont simplement été décalées dans le temps. Nous avions par exemple le projet d’un espace consacré à l’histoire et aux cultures LGBTQI+ qui a finalement ouvert dans un autre arrondissement. Nous avions également le projet de relier nos parcs à ceux des villes voisines. Un projet de cette envergure avec autant d’interlocuteurs prend plusieurs années. Nous avons avancé sur les discussions et ce « Grand chemin » verra le jour dans les années à venir. »

Photos prises le 14 février 2026 au Paysan Urbain par Siméon Brand

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