Saviez-vous que l’église Notre-Dame de la Croix à Ménilmontant est le plus grand édifice religieux du nord-est de la Capitale ? Imposante par ses proportions – 97 m de long, 38 m de large, 20 m de hauteur sous la voûte de la nef – elle s’impose comme un point de repère urbain et comme la cinquième plus grande église de Paris, après Notre-Dame-de-Paris, Saint-Sulpice, Saint-Eustache et la Madeleine. 

Quand on décide sa construction en 1863, en place d’une petite chapelle devenue trop petite, l’heure n’est plus à l’église de village : Ménilmontant a été annexé à Paris, trois ans plus tôt, par le baron Haussmann. Surnommé “Ménilmuche”, l’ancien hameau – devenu faubourg industriel et ouvrier – accueille de nombreuses usines et une population ouvrière venue du centre de Paris. L’enjeu pour l’église est d’établir dans ces quartiers des paroisses pour encourager la pratique religieuse, mais aussi organiser la vie sociale, chez des classes populaires moins pratiquantes, parfois hostiles à la religion, gagnées par des idées socialistes ou révolutionnaires. 

Comme nous l’explique le site sur le patrimoine du 20e arrondissement, le projet est confié à Louis Héret (1821-1899), architecte de la Ville de Paris. Il dispose pour cela d’un budget contraint de 400 000 francs, soit moitié moins que pour Saint-Jean-Baptiste de Belleville (900 000 francs) achevé peu avant. L’emplacement de l’église, à flanc de colline, sur un terrain en forte pente, va contraindre l’architecte. La pente a été rattrapée par la construction d’une vaste crypte. La construction d’un grand perron de 54 marches permet de régulariser la différence de niveau entre la façade principale et la place en contrebas.

Classé Monument historique en 2017, l’édifice dont le clocher culmine à 78 m de hauteur, s’inscrit dans un mouvement de renouveau de l’architecture médiévale. Certains éléments interprètent des modèles propres au style roman comme les murs et les piliers massifs de l’avant-nef et des bas-côtés, tandis que la nef et ses trois vaisseaux élancés se réfèrent plutôt au gothique.

D’où proviennent ces photos des années 1970 ? Si vous avez loupé nos précédents pots, cette plongée dans le passé est rendue possible grâce à une collection appartenant à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. des clichés réalisés dans le cadre d’un concours photo organisé par la Fnac. objectif : produire une couverture photographique exhaustive du territoire parisien. 

Les photographes de cette série : Begue Fernand, Michel Dumont, Gérard Dargaud, André Ferrand. 

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