COMMUNIQUÉ. Créée en 2010 par trois amis, l’association Belleville Citoyenne oeuvre à l’insertion et l’accès à la culture des jeunes. Située rue des Rigoles, elle comptabilise plus de 400 adhérents. Le 3 juin prochain, l’avenir de Belleville Citoyenne sera examiné par le tribunal pour liquidation.
« Depuis plusieurs mois, nous alertons sur une situation devenue intenable : retards de versement des financements publics, absence de visibilité budgétaire, multiplication des contraintes administratives et impossibilité pour notre association de terrain d’absorber des délais de paiement de plusieurs mois. Aujourd’hui, après plus de 15 ans de présence dans les quartiers populaires de l’Est parisien, notre association va disparaître, purement et simplement.
Et derrière la disparition de Belleville Citoyenne, ce ne sont pas uniquement des bureaux qui ferment, ce sont surtout : Des habitant·es qui ne seront plus accompagné·es dans leurs démarches administratives et dans leur accès au droit. Des jeunes privé·es d’espaces essentiels pour se construire, être écoutés, se former et être accompagnés vers l’emploi. Des formations gratuites qui disparaissent. Des ateliers d’initiation au numérique, des ateliers de théâtre et de cinéma, un studio d’enregistrement et des espaces de solidarité qui s’arrêtent.
Des emplois supprimés : 10 salarié·es en CDI, des intermittent·es, des formateur·rices, des volontaires en service civique dans une structure qui travaille pourtant quotidiennement auprès des publics que les politiques publiques proclament vouloir accompagner.
La situation actuelle de Belleville Citoyenne n’est pas liée à une mauvaise gestion interne. Belleville Citoyenne est une structure professionnalisée, qui travaille depuis des années avec des conventions signées, des financements validés et des dispositifs publics institutionnels. Mais comment construire un plan de trésorerie viable lorsque des financements votés ou contractualisés sont retardés pendant des mois, lorsque les budgets publics ne sont pas adoptés à temps, ou lorsque les versements attendus n’arrivent finalement pas dans les calendriers annoncés ?
Le fonctionnement actuel de certains financements publics, notamment européens et étatiques, exclut progressivement les petites et moyennes associations de proximité au profit de structures capables d’absorber des mois, voire des années, de décalage de trésorerie. Et souvent, ces mêmes “grosses” structures ne sont pas au cœur des quartiers pour toucher véritablement les publics viséspar les appels à projets. À force de complexifier les dispositifs et de retarder les versements, les pouvoirs publics fragilisent puis condamnent consciemment les associations qui assurent une présence quotidienne auprès des habitant·es les plus précaires.
Comment parler de lutte contre les inégalités, de fracture numérique, d’insertion des jeunes ou de cohésion sociale lorsque les structures qui travaillent réellement sur le terrain disparaissent les unes après les autres ? Nous souhaitions aujourd’hui prendre la parole publiquement pour dénoncer cette réalité. Quoi qu’il advienne dans les prochains jours, nous resterons fiers du travail accompli pendant toutes ces années aux côtés des habitant·es, des jeunes, des bénévoles, des partenaires et des salarié·es qui ont fait vivre Belleville Citoyenne.
Retrouvez-nous le mardi 2 juin à 16h pour nous soutenir ! Où ? Au 18 rue Bisson, 75020.
Pour nous soutenir, vous pouvez dès maintenant signer et relayer notre pétition : https://c.org/VbGzYvFqgR.


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