A quelques semaines des élections municipales, Mon Petit 20e donne la parole aux candidats têtes de liste dans l’arrondissement. Objectif : en apprendre plus sur eux et sur le projet qu’ils défendent.

La rencontre. Un mercredi après-midi de janvier, une personne de son équipe me donne rendez-vous à son local de campagne – recouvert de fresques très colorées façon street-art (signées Arnaud Liard, qui fait partie de l’association Art Azoï) – , situé rue des Pyrénées, à deux pas de la mairie qu’il convoite.

Mon Petit 20e : Pouvez-vous vous présenter et nous résumer votre parcours ?
Éric Pliez : Je suis le candidat à la mairie du 20e pour la liste “Paris en commun”, la liste d’Anne Hidalgo, la liste qui rassemble la gauche (Parti socialiste, Parti communiste, Génération.s, Place Publique, République et Socialisme). Je suis travailleur social, éducateur spécialisé, depuis très longtemps maintenant. D’abord en banlieue, en Seine-Saint-Denis, puis depuis presque 20 ans à Paris, ce qui m’a d’ailleurs amené à bien connaître la Capitale, particulièrement l’Est parisien et le 20e arrondissement. Mon association Aurore y a porté de grands projets liés à la santé, à l’hébergement et à l’emploi. Directeur de cette structure, je suis actuellement en congé pendant la période électorale. En parallèle, je présidais le Samu social de Paris, qui intervient depuis plus de 25 ans en direction des plus exclus. Si je m’engage, c’est parce que je suis convaincu que Paris doit rester à gauche. Paris doit rester dans un projet écologique, participatif et social, qui est à mon sens celui proposé par Anne Hidalgo.

Depuis quand vivez-vous dans le 20e ? Dans quel quartier précisément ?
J’ai habité, il a quelques année, près de la rue de Belleville, et là, j’habite depuis peu pas loin de la place Gambetta. 

Comment définiriez-vous le 20e pour des personnes qui n’y habitent pas ?

C’est d’abord un arrondissement riche d’Histoire. L’histoire de la commune, l’histoire de différentes migrations. C’est un arrondissement d’une grande mixité sociale, qu’il faut conserver. Cela veut dire qu’on doit trouver la place pour toutes les catégories de personnes qui peuvent avoir envie d’y habiter. C’est aussi une multitude de villages, et j’espère que la mairie pourra être demain un lieu qui les rassemble, qui soit un facilitateur de vie. 

Vos adresses fétiches dans le 20e ?
Il y a des lieux où j’aime aller, et des lieux que je découvre au fil de la campagne. Je vais me restaurer chez Zagros (58, boulevard de Ménilmontant) depuis de très nombreuses années, j’aime aller régulièrement au MK2, car je suis un amateur de cinéma. Il y a aussi de très nombreux bars, chaleureux et accueillants, qui sont aussi une caractéristique de l’arrondissement. Il y a aussi un riche réseau associatif, mais aussi de galeries, de bibliothèques. En initiative locale, il y a Le garage numérique, aux Amandiers (4, place Henri Matisse), un lieu en direction des jeunes de quartier, basé sur la découverte, la rénovation et l’entretien d’ordinateurs, sous logiciels libres.

Quels sont selon vous les trois combats prioritaires dans le 20e ?
Clairement, l’écologie, en végétalisant plus les cours d’école, en accélérant le développement des pistes cyclables sécurisées. En deuxième, il faut réussir la rénovation de l’axe des portes, de la Porte de Bagnolet à la Porte de Vincennes, en passant par la Porte de Montreuil. Un des critères de réussite de ces grands projets, c’est d’abord de voir ce qu’on fait pendant la période intermédiaire, comment on ne laisse pas des habitants en attente d’un projet qu’ils ne voient pas sortir de terre immédiatement. Et donc comment on crée une dynamique pour attendre le démarrage de ces projets. Ça veut dire un lien permanent avec les habitants. Ce pourrait être de créer un grand marché populaire à la Porte de Montreuil qui rejoindrait les puces, qui occuperait intelligemment l’espace et créera de l’attractivité. En troisième, il faudrait rebooster les différents conseils, de quartier, citoyens, des enfants, avec des Assises de la démocratie locale que nous comptons mettre en place dès notre arrivée.

Qu’est ce qu’il manque aujourd’hui dans le 20e ?
Il manque encore des pistes cyclables, même s’il faudrait presque un téléphérique dans les rues les plus pentues ! Il manque des commerces par endroit. On doit faciliter leur installation pour favoriser la proximité, les circuits courts et l’économie locale.

Les pouvoirs d’un maire d’arrondissement suffisent-ils réellement pour peser sur la vie des habitants ?
Non, c’est pourquoi nous avons convenu avec Anne Hidalgo que dans le projet de la future mandature, une grande partie des investissements rentrerait dans le budget participatif. Il est prévu de consacrer 25 % des investissements au budget participatif, donc dans les mains des habitant-e-s, via le maire d’arrondissement. Et puis quand on parle de déconcentration, je pense que le maire d’arrondissement devrait avoir plus la main sur l’entretien des rues, avec des brigades vertes d’intervention rapide, chargées de la propreté.

Une anecdote à nous raconter sur ce début de campagne électorale ?
Ce qui pour moi est jusqu’ici l’un des meilleurs moments, c’est l’une de mes rencontres avec le Conseil des jeunes du quartier de la Porte de Bagnolet, qui est né d’un atelier d’aide aux devoirs, porté par une association l’AJE. Ces jeunes ont décidé de poursuivre ensemble et d’être membre de l’annexe de cette association. Je me suis retrouvé devant une vingtaine de jeunes qui ont commencé par de l’aide aux devoirs et qui sont aujourd’hui tous en master, en études longues et qui portent pour leur quartier un projet de vivre ensemble.

L’initiative citoyenne repérée dans le 20e et qui gagnerait à être connue ?
Il y a le CIP20, des femmes qui ont ouvert un restaurant, un lieu où l’on vient faire et apprendre la cuisine. Mais aussi le café associatif le M111, sur les Maréchaux (114, boulevard Davout), qui est aussi une salle de spectacle très sympa. 

Des loisirs ou des hobbys pour se détendre après une rude journée politique ?
C’est d’abord de circuler à vélo, cela m’aide à faire le sport que sinon je n’ai pas beaucoup le temps de faire. C’est d’essayer de prendre le temps de faire ma demi-heure quotidienne d’accordéon, car j’apprends l’accordéon diatonique, qui est le petit accordéon folk. Le week-end, c’est de me retrouver avec ma famille ou des amis.

L’objectif affiché pour ces municipales ? Vous diriez que le pari est réussi si… ?
Si on arrive à ce qu’Anne Hidalgo et son équipe conservent un temps d’avance. Un temps d’avance sur l’écologie, un temps d’avance sur cette ville de la proximité (appelée dans notre programme “la ville du quart d’heure” pour favoriser la rencontre, le lien social) et puis un temps d’avance sur la démocratie, parce qu’il faut toujours veiller à ne pas prendre de retard, si on ne veut pas trop de monde sur les ronds-points. Dans ces conditions, on peut faire un mandat sympa.

En vue d’un second tour, avec qui pourriez-vous vous allier ?
Avec les Verts. Et j’irais même plus loin, avec la France Insoumise. 

Votre première mesure en tant que maire du 20e ?
Convoquer les Assises de la citoyenneté, inviter les habitants. Afin d’affirmer à tous les habitants du 20e, que la mairie est bien la maison commune, qu’elle leur est ouverte.

Crédit photo : Pauline Pellissier

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